Les routes nationales ne représentent certes qu’environ 3 % du réseau routier suisse, mais avec 29,8 milliards de kilomètres parcourus, elles absorbent plus de 40 % du trafic total du pays. C’est ce que révèle le dernier rapport « Évolution du trafic et disponibilité des routes nationales en 2024 » de l’Office fédéral des routes (OFROU), qui vient d’être publié.
Le trafic de personnes représente environ 25 milliards de kilomètres, tandis que le trafic de marchandises dépend également fortement des routes nationales : plus de 70 % de tous les trajets effectués par des camions et des camionnettes s’y déroulent. Les routes nationales comptent ainsi parmi les voies de circulation les plus efficaces de Suisse.
55 569 heures d’embouteillage – les perturbations font rapidement vaciller le système
Si le réseau est utilisé de manière efficace, il n’en est pas moins vulnérable aux perturbations. En 2024, 55 569 heures d’embouteillage ont été enregistrées, soit une augmentation de 13,9 % par rapport à l’année précédente. Et ce, malgré une augmentation du trafic de « seulement » 0,7 %.
La cause principale : la saturation du trafic. Pas moins de 87 % des embouteillages sont dus à un trafic trop dense. Les chantiers ne jouent qu’un rôle relativement mineur, avec seulement 4 %. Les axes pendulaires autour des centres urbains tels que Zurich, Berne, Lausanne ou Bâle sont particulièrement touchés.
Un système sous tension, même en cas de petites perturbations
Ce qui inquiète les experts, c’est que même des incidents mineurs tels que des pannes, des accidents ou l’effet « accordéon » suffisent à paralyser des tronçons entiers. Le système est de plus en plus sensible, signe qu’il atteint ses limites en termes de capacité.
Conséquence : les temps de trajet deviennent imprévisibles, ce qui nuit particulièrement aux déplacements domicile-travail, à la circulation des marchandises et à la planification des transports publics. La confiance dans la performance de l’infrastructure est mise à rude épreuve.
Ce que fait l’OFROU : technologie, extension, analyse
L’Office fédéral des routes réagit avec une combinaison de systèmes de contrôle intelligents, de mesures de construction ciblées et d’une planification à long terme. L’ouverture de la bande d’arrêt d’urgence entre Berne-Wankdorf et Muri, combinée à un contrôle dynamique de la vitesse, est par exemple une mesure qui a été mise en œuvre avec succès et qui rend la circulation plus fluide et plus sûre.
Autre exemple positif : l’aménagement du tunnel du Gubrist. Depuis la mise en service du troisième tube en direction de Berne, les heures d’embouteillage ont été réduites d’environ 90 %, passant de 1400 en 2023 à environ 150 en 2024.
Regard vers l’avenir : le projet « Trafic 45 » doit poser de nouveaux jalons
À long terme, l’OFROU souhaite créer, en collaboration avec d’autres services fédéraux, les cantons et les milieux scientifiques, de nouvelles bases pour les décisions futures en matière de transport. Dans le cadre du projet « Trafic 45 », mené par l’EPF Zurich pour le compte du DETEC, tous les projets routiers et ferroviaires prévus sont examinés afin d’en évaluer l’utilité et la nécessité.
Les résultats de cette analyse approfondie sont attendus au troisième trimestre 2025 et serviront de base stratégique pour la prochaine génération de décisions en matière de transport.
L’objectif reste un réseau résilient et performant
Les routes nationales relient non seulement des régions, mais aussi des espaces de vie, des lieux de travail et des centres économiques. L’objectif à long terme de la Confédération est clair : garantir la disponibilité, éviter le trafic de contournement et créer un réseau plus résilient, qui reste stable même en cas de perturbations ou de chantiers.
Que révèle le rapport sur le flux de trafic 2024 ?
Le rapport sur le flux de trafic 2024 le montre : les routes nationales suisses sont très fréquentées, mais elles atteignent de plus en plus leurs limites. Avec près de 30 milliards de kilomètres parcourus et plus de 55 000 heures d’embouteillage, une chose est claire : la charge augmente, des aménagements ponctuels et une gestion intelligente du trafic sont nécessaires de toute urgence. L’OFROU réagit avec des mesures et des stratégies pour un réseau durable.