Le conseil municipal de Berne tire la sonnette d’alarme : il soutient l’initiative « Stop au monstre routier de Wankdorf ! » et dépose un recours contre le projet fédéral. Il exige en outre des améliorations au projet de réaménagement du raccordement de Wankdorf. Motifs invoqués : augmentation du trafic, augmentation du bruit, diminution de la qualité de vie. C’est ce qui ressort du communiqué de presse du conseil municipal de Berne.
Pas d’arrêt des travaux, mais des conditions claires
L’initiative émane de l’association Spurwechsel et a été directement acceptée par le Conseil municipal. Elle oblige la ville à s’opposer aux projets routiers nationaux entraînant une augmentation du trafic. Cela n’entraîne pas pour autant un arrêt immédiat des travaux, car le projet reste du ressort de la Confédération. Néanmoins, Berne prend les choses en main : des négociations avec le DETEC et l’OFROU doivent permettre d’améliorer la compatibilité du projet avec les intérêts de la ville. La construction d’un toit au-dessus de l’autoroute est notamment à l’étude.
« Je suis conscient de la phase dans laquelle se trouve le projet », a déclaré Matthias Aebischer (PS), directeur des transports, dans le communiqué publié dans le Berner Zeitung. « Il ne s’agit pas d’une opposition fondamentale, mais d’obtenir le meilleur résultat possible pour la population concernée ».
L’économie bernoise tire la sonnette d’alarme
L’économie bernoise voit les choses tout autrement : pour l’Union du commerce et de l’industrie du canton de Berne, la transformation du Wankdorf est indispensable. Les embouteillages coûtent du temps, de l’argent et des nerfs aux entreprises. « Le trafic commercial a besoin de conditions-cadres fiables, notamment d’infrastructures de transport qui fonctionnent. Les embouteillages au Wankdorf nuisent depuis des années à l’efficacité de nos entreprises et doivent être considérés comme une pièce importante du puzzle du trafic commercial local, régional et national », déclare Giorgio Albisetti, président de l’Union bernoise, dans le communiqué de l’association.
Les associations économiques voient l’immobilisme comme un risque
Les PME de la ville de Berne et BernCity font également pression : les infrastructures doivent être viables à long terme, sinon nous risquons de régresser. « Ceux qui empêchent les investissements aujourd’hui risquent l’immobilisme demain », prévient Peter Steck, président des PME de la ville de Berne. La transformation ne profite pas seulement à l’économie, elle soulage également les transports publics, qui sont aujourd’hui souvent bloqués dans les embouteillages.
Deux camps opposés, un objectif : trouver des solutions
Alors que la ville insiste sur la réduction du trafic et la protection du climat, l’économie réclame une infrastructure performante. Le directeur des transports Matthias Aebischer souligne : « Il ne s’agit pas d’une opposition fondamentale, mais d’améliorations pour la population. » Dans le même temps, Berne réaffirme son soutien au contournement est de Berne, qui présente un potentiel réel de réaménagement urbain. Mais là aussi, des améliorations sont souhaitées.
Toutefois, les moyens financiers nécessaires à d’éventuelles améliorations devraient être disponibles après le rejet du projet d’extension de l’autoroute par les électeurs en novembre dernier.