Après l’annonce de cette transaction de plusieurs milliards, une chose est claire : Tata Motors, le géant indien de l’automobile, rachète le groupe européen IVECO. Cela donne naissance à un nouvel acteur mondial sur le marché des véhicules utilitaires. La question se pose : qu’est-ce que cela signifie pour IVECO en Suisse ?
Le site suisse reste stable – pour l’instant
La bonne nouvelle : en principe, aucune fermeture d’usine ni suppression d’emplois n’est prévue en Europe, y compris en Suisse. IVECO ne produit certes plus de véhicules utilitaires depuis longtemps sur l’ancien site Saurer à Arbon. Mais celui-ci abrite désormais un centre de recherche et développement pour les moteurs et les technologies de propulsion, la FPT Motorenforschung AG (anciennement Iveco Motorenforschung AG), qui fait partie de FTP Industrial et donc du groupe IVECO. Ce centre développe des technologies de propulsion d’avenir pour le groupe IVECO. Il s’agit de l’un des sept centres de recherche et développement actifs à l’échelle mondiale pour les moteurs industriels et les systèmes de propulsion de la marque FPT Industrial. Il faut s’attendre à ce que Tata Motors examine également les centres de recherche et développement. Ce que cela signifie à moyen terme pour le site d’Arbon reste incertain.
IVECO Suisse s’attend à un changement de culture
IVECO Suisse, qui joue un rôle important en tant que centre de services et de distribution, devrait continuer à fonctionner comme auparavant. Tata a souligné à plusieurs reprises que les sites existants seraient maintenus. Pour les collaborateurs d’IVECO Suisse, le rachat par le géant automobile indien devrait toutefois avoir des conséquences à moyen terme. Il faut s’attendre à ce qu’un certain changement de culture soit rapidement mis en place.
Plus de technologie, un meilleur approvisionnement
La fusion devrait toutefois ouvrir de nouvelles perspectives pour IVECO Suisse : la disponibilité des pièces de rechange et des technologies pourrait s’améliorer. Tata dispose en effet d’un solide réseau logistique qui pourrait également avoir un impact en Suisse, notamment dans les domaines des camions électriques, des technologies à hydrogène et des solutions numériques pour les flottes. Au final, ce sont les clients qui en profiteront.
Accès à de nouveaux marchés et innovations
La fusion ne profiterait toutefois pas uniquement à IVECO Suisse et à ses clients en termes de technologies pour camions. Elle devrait également faciliter l’accès aux marchés asiatiques, notamment dans les domaines des achats ou des solutions logicielles. Pour les clients en Suisse, cela pourrait signifier qu’une gamme (encore) plus large de services pourrait bientôt être disponible.
Les garages, atéliers et les clients de flottes en ligne de mire
La collaboration avec Tata Motors pourrait également s’avérer intéressante pour les nombreux partenaires d’IVECO, les garages et les clients de flottes d’IVECO Suisse. Tata poursuit déjà une approche très systématique en matière d’après-vente en Asie, dont la Suisse pourrait également bénéficier. En revanche, les collaborateurs devraient s’attendre à des mesures de formation approfondies et à des changements dans les processus.
Durabilité et technologies d’avenir
Dans l’ensemble, Tata et IVECO soulignent tous deux que la mobilité durable est un objectif central de leur coopération. Comme pour d’autres marques, la Suisse pourrait une fois de plus devenir un marché test pour les véhicules zéro émission, les bus électriques et les services de mobilité numérique. Un atout pour les villes et les entreprises qui misent sur des flottes écologiques. Cela devrait à son tour renforcer la position d’IVECO en Suisse, à condition que les collaborateurs et les partenaires suivent le mouvement.