Electra se développe à Bussigny et mise sur la densité du réseau plutôt que sur des sites isolés. L’entreprise a inauguré la station le 1er septembre 2026. Elle est située près de l’hôtel Ibis, rue de l’Industrie. Quatre bornes de recharge haute puissance y fournissent chacune jusqu’à 300 kilowatts. Le site se trouve à quelques minutes de l’A1. Il faut environ dix minutes pour rejoindre le centre de Lausanne.
Quatre bornes de recharge de 300 kilowatts chacune
Le district de l’Ouest lausannois compte environ 80 000 habitants. Bussigny, quant à elle, connaît une croissance rapide et compte environ 11 600 habitants. La commune porte depuis 2013 le label « Cité de l’énergie ».
Le choix de l’emplacement obéit à une logique claire. L’axe reliant Bussigny, Crissier et Ecublens est très fréquenté. Il est le point de convergence du trafic professionnel, des navetteurs et des voyageurs de passage.
Morges suivra prochainement. Six bornes de recharge de 300 kilowatts chacune y sont en cours d’installation sur l’avenue de Riond-Bosson. Le site se trouve juste après la sortie d’autoroute.
Pourquoi la densité du réseau prime sur la puissance de pointe
Alessandro Inderbitzin, directeur général DACH chez Electra, va droit au but. Un seul site ne suffit pas à constituer un réseau.
Cette affirmation reflète une réalité. L’angoisse de la recharge ne résulte pas d’un manque de puissance, mais de l’incertitude. Savoir qu’une alternative se trouve deux kilomètres plus loin permet de planifier son trajet en toute sérénité.
C’est précisément pour cela que la redondance est essentielle. Quatre bornes de recharge sur un même site protègent contre les pannes et les temps d’attente. Deux sites dans le même arrondissement offrent une protection supplémentaire.
Pour les exploitants, cela représente toutefois un coût élevé. En effet, la redondance implique un taux d’utilisation inférieur à l’optimum. Pour garantir la disponibilité, il faut financer une surcapacité.
Les 300 kilomètres en 15 minutes : retour à la réalité
Electra annonce un gain d’autonomie pouvant atteindre 300 kilomètres en environ 15 minutes. Cette indication mérite d’être nuancée.
Elle correspond à une valeur maximale. Celle-ci n’est atteignable que si plusieurs conditions sont réunies simultanément. Le véhicule doit disposer d’une architecture haute tension avec une puissance de recharge adaptée. De plus, le niveau de charge doit être faible et la batterie doit avoir été préconditionnée.
La majorité des voitures électriques vendues aujourd’hui se rechargent avec des puissances nettement inférieures. De nombreux modèles atteignent des puissances maximales comprises entre 100 et 150 kilowatts. En hiver, la courbe de recharge est en outre plus plate.
Cela n’enlève rien à l’intérêt de la technologie. Cela permet simplement de corriger les attentes. Une borne de 300 kilowatts ne nuit à aucun véhicule. Elle ne fournit simplement pas à tout le monde la valeur annoncée.
Le choix de l’emplacement s’inscrit dans la stratégie de partenariat
L’emplacement près de l’hôtel Ibis n’est pas le fruit du hasard. Electra collabore avec des groupes immobiliers et hôteliers. Parmi sa clientèle figurent notamment AccorInvest et le Groupe Louvre Hôtels.
Ce modèle s’explique par des raisons économiques. Les terrains bien desservis sont chers et rares. Utiliser les espaces de partenaires permet d’économiser du capital et d’accélérer le développement.
Pour le partenaire, cela en vaut également la peine. Un hôtel gagne en fréquentation et bénéficie d’une offre supplémentaire. En effet, ceux qui rechargent leur véhicule pendant 20 minutes consomment souvent quelque chose.
Cette combinaison entre point de recharge et séjour marque de plus en plus le marché. Les simples aires de recharge sans infrastructure perdent en revanche de leur attrait.
Les objectifs d’expansion sont ambitieux
Electra exploite actuellement 26 sites en Suisse. Pour l’année en cours, l’entreprise annonce plus de 100 nouvelles bornes de recharge rapide. D’ici 2027, ce chiffre devrait dépasser les 600.
Ces chiffres méritent d’être vérifiés. Avec quatre à six bornes de recharge par site, cela correspondrait grosso modo à 100 à 150 stations. Par rapport à aujourd’hui, cela représenterait une multiplication.
Cela n’est réalisable que si les autorisations sont accordées sans encombre. Les permis de construire, les raccordements au réseau et les capacités des transformateurs constituent les goulots d’étranglement habituels. Les puissances de raccordement de l’ordre du mégawatt, en particulier, nécessitent un délai de préparation de la part du gestionnaire de réseau de distribution.
Reste à voir si ce rythme sera maintenu. Jusqu’à présent, Electra tient en tout cas ses promesses. Récemment encore, l’entreprise a par exemple annoncé qu’elle collaborerait à l’avenir avec Bolt en Suisse. Les chauffeurs partenaires de Bolt peuvent désormais recharger leur véhicule à des conditions préférentielles dans plus de 25 sites de recharge rapide.
Pour beaucoup, la recharge publique remplace la recharge à domicile
Le contexte du marché favorise ce développement. En Suisse, les véhicules rechargeables ont atteint une part de marché de 36,3 % au premier semestre 2026.
Parallèlement, environ 60 % des ménages sont locataires. Beaucoup d’entre eux ne disposent pas de leur propre borne de recharge. Pour eux, la recharge rapide publique remplace la borne de recharge domestique.
Les habitudes d’utilisation évoluent ainsi. La recharge rapide n’est plus seulement une infrastructure de voyage. Elle devient un service de base pour une part croissante des conducteurs.
C’est précisément l’objectif visé par le choix des emplacements dans les zones résidentielles et commerciales. Ce choix se distingue délibérément d’une infrastructure purement autoroutière.
Contexte pour la région lémanique
La Suisse romande fait désormais partie des zones les plus denses du réseau Electra. Gland, Aubonne, Etoy, Crissier et désormais Bussigny se situent le long d’un même axe.
Pour la région, c’est un atout en termes d’implantation. Les entreprises disposant de véhicules de livraison électriques en bénéficient directement. Il en va de même pour les services de transport et les flottes ne disposant pas de leur propre station de recharge en dépôt.
Pour le marché, la question de la rentabilité demeure. En effet, les infrastructures de recharge nécessitent d’importants investissements et s’amortissent sur plusieurs années. C’est le taux d’utilisation qui sera déterminant, et non le nombre de sites.
Où se trouve la nouvelle station Electra ?
Près de l’hôtel Ibis, rue de l’Industrie à Bussigny. Le site est situé à quelques minutes de l’A1.
Combien y a‑t-il de bornes de recharge à cet endroit ?
Quatre bornes de recharge haute puissance, d’une puissance maximale de 300 kilowatts chacune.
À quelle vitesse un véhicule se recharge-t-il ?
Electra annonce une autonomie pouvant atteindre 300 kilomètres en environ 15 minutes. Il s’agit d’un record que seuls les véhicules à forte puissance de recharge peuvent atteindre.
Combien de sites Electra exploite-t-elle en Suisse ?
D’ici 2027, plus de 600 bornes de recharge rapide devraient voir le jour.
Quel sera le prochain site ?
Morges. Six bornes de recharge de 300 kilowatts chacune y sont en cours d’installation sur l’avenue de Riond-Bosson.
Pourquoi Electra s’implante-t-elle dans des hôtels ?
Parce que les espaces partenaires permettent de réaliser des économies et d’accélérer le déploiement du réseau. En contrepartie, le partenaire bénéficie d’une fréquentation accrue.
Pourquoi la densité du réseau est-elle plus importante que les sites individuels ?
Parce que la disponibilité inspire confiance. Quand on sait qu’il existe une alternative à proximité, on planifie ses trajets en toute sérénité.
Quelle est la part des véhicules rechargeables en Suisse ?
Au premier semestre 2026, elle s’élevait à 36,3 % des nouvelles immatriculations.
Pourquoi la recharge rapide publique gagne-t-elle en importance ?
Parce qu’environ 60 % des ménages sont locataires. Beaucoup ne disposent pas de leur propre borne de recharge.