Lorsque les parents conduisent de manière incertaine, la situation devient délicate. Comment les proches peuvent-ils aborder le sujet ? Quels sont les droits des senior·e·s en cas de retrait du permis ? Et quelles sont les alternatives ? Le guide pratique sur l’aptitude à la conduite dès 75 ans avec des conseils clairs pour les familles, les personnes concernées et les professionnel·le·s.
L’aptitude à la conduite des aîné·e·s fait débat
Les senior·e·s au volant sont un sujet récurrent en Suisse. Une nouvelle étude ZHAW/HETSL a récemment été publiée. Elle réclame des standards uniformes pour l’évaluation de l’aptitude à la conduite dès 75 ans. La SRF a également repris le sujet cette semaine. Mais tandis que le débat politique se poursuit, les familles font face à des questions concrètes au quotidien. Comment parler à sa mère de sa façon de conduire ? Que faire quand son père ignore les priorités ? Ce guide apporte des réponses pratiques.
Reconnaître les signaux d’alerte : Quand la conduite devient-elle critique ?
Les proches sont souvent les premiers à remarquer quand quelque chose ne va plus. Les signaux d’alerte typiques sont la marche arrière incertaine, les quasi-accidents fréquents ou les problèmes d’orientation. Les rayures sur le véhicule se multiplient également. S’y ajoutent des temps de réaction plus longs ou des difficultés lors des changements de voie. À noter : en 2025, l’Office fédéral des routes (OFROU) a cité l’inattention et le non-respect de la priorité comme principales causes d’accidents chez les plus de 75 ans. Une observation attentive vaut donc la peine.
Courses terminées, hop dans la voiture, marche arrière enclenchée. Soudain, un choc sur le parking Lidl. J’avais tout simplement pas vu la voiture derrière moi. Aujourd’hui je le sais : mon regard n’était tout simplement plus assez rapide.
Erika G., 83 ans, conductrice concernée
Parler avec ses parents : Comment aborder le sujet
Pro Senectute recommande une attitude respectueuse et interrogative. L’important : ne pas faire la leçon, mais écouter. « Ce sujet ne peut pas être traité en un jour. C’est un processus », déclare le porte-parole Peter Burri Follath à la SRF. L’approche suivante a fait ses preuves :
- Commencer tôt : Ne pas attendre qu’un accident survienne.
- Rester concret : Citer des observations plutôt que des reproches.
- Proposer des alternatives : Repenser la mobilité au lieu de la limiter.
- Chercher des alliés : Impliquer le médecin de famille ou le moniteur d’auto-école.
Leçon de conduite volontaire : Un test pratique sensé
Une course de contrôle volontaire avec un moniteur d’auto-école fournit une évaluation objective. Elle coûte environ 100 à 150 francs et dure une heure. De plus, le résultat reste confidentiel. Ainsi, aucune pression administrative ne pèse sur les senior·e·s. De nombreux cantons et le TCS proposent par ailleurs des cours spéciaux pour seniors. Les nouvelles règles de circulation, les manœuvres en giratoire ou les systèmes d’assistance y sont entraînés.
Droits et devoirs : Que faire en cas de retrait du permis ?
Quiconque doit rendre son permis n’est pas sans droits. Toute décision du Service des automobiles peut faire l’objet d’un recours. Le délai est en règle générale de 30 jours. L’autorité cantonale de recours décide en premier, puis éventuellement le Tribunal fédéral. Important : durant la procédure de recours, les personnes concernées peuvent déposer leurs propres expertises médicales. Une consultation juridique précoce vaut également la peine. Les frais d’avocat sont partiellement remboursés en cas de succès.
Alternatives à la voiture personnelle : La mobilité reste possible
Renoncer au permis ne signifie pas la fin de l’autonomie. De nombreuses alternatives existent :
- AG et demi-tarif : Les rabais seniors rendent les transports publics attractifs.
- Service de transport de la Croix-Rouge : Des bénévoles conduisent aux rendez-vous médicaux ou aux courses.
- Offres communales : De nombreuses communes organisent des services de mobilité.
- Bons de taxi : Certains cantons subventionnent les courses.
Planifier à l’avance : Ce que les senior·e·s peuvent faire eux·elles-mêmes
Qui agit à temps garde le contrôle. Des tests réguliers de la vue et de l’ouïe chez le médecin de famille sont recommandés. Un examen des médicaments en vaut également la peine, car de nombreuses substances actives influencent l’aptitude à la conduite. Il est aussi utile de tester les transports publics avant son 75e anniversaire. Ainsi, la transition ultérieure se passe plus facilement. Le débat politique sur des standards uniformes est en cours. Mais l’action responsable de chacun·e reste la meilleure protection.
Honnêtement ? Cataracte ou non. Je conduis mieux que la moitié de la génération de mes petits-enfants. Mais après l’opération de l’œil, c’était terminé. Ma vue n’était plus suffisante pour le permis. Aujourd’hui, j’ai un AG et je redécouvre la Suisse.
Jürgen G., 82 ans, ancien conducteur.
Comment savoir si mes parents ne conduisent plus en sécurité ?
Les signaux d’alerte typiques sont les quasi-accidents fréquents, la marche arrière incertaine, les nouvelles rayures sur la voiture, le non-respect de la priorité et les problèmes d’orientation. Une réaction nettement ralentie en fait également partie.
Comment aborder le sujet de la conduite avec des parents âgés ?
Avec respect, en posant des questions et sans faire la leçon. Pro Senectute conseille de commencer tôt et de considérer la discussion comme un processus. Les observations concrètes aident davantage que les reproches généraux.
Combien coûte une course de contrôle volontaire pour seniores ?
Une course de contrôle avec un moniteur d’auto-école coûte habituellement entre 100 et 150 francs. Elle dure environ une heure et reste confidentielle. Aucune conséquence administrative n’en découle.